Archive pour mai 2009

Chocking buzz

Jeudi 28 mai 2009

Avez-vous entendu parler de la campagne récente du National Health Service de Leceister (UK) visant à dissuader les adolescentes de devenir mamans (on dit aussi « filles mères ») ?

Il est vrai que le nombre de grossesses adolescentes en Europe ne cesse d’augmenter depuis 2001 et que l’Angleterre, en tête de peloton (1 bébé sur 10 a une maman ado) a apparemment de bonnes raisons de s’en inquiéter et de vouloir faire bouger les choses.

Ce qui interpelle tout particulièrement ici concerne les moyens mis en œuvre, à savoir, le choix du discours et de son expression.
Il s’agit d’un film de 40 secondes fait pour le web. Tourné à la manière d’un film amateur pris depuis un téléphone portable, c’est cru, saccadé, essoufflé et capitalise clairement sur l’effet « électrochoc ». Scénarisé a la manière des bagarres filmées des cours de récré, l’événement dont nous sommes témoin (bien malgré nous) s’avère être quelque chose d’encore bien pire. La violence et l’impudeur de ce spot m’a laissée perplexe et à ce stade, tout ce que cela m’inspire est une volée de questions ; et peut-être si je creuse, un soupçon d’indignation…

Est ce que pour faire buzzer tous les coups sont permis ?

Est ce que terroriser les adolescentes va leur permettre réfléchir avec maturité ?

Est ce que la seule recherche de l’efficacité ne présente aucun risque à plus long terme ?

Au-delà de l’image de la grossesse adolescente, ce film ne dénigre-t-il pas plus globalement le monde des adolescents ?

Est-ce que faire peur avec la vie n’est pas un non sens total ?

Et finalement, est ce que le scandale n’est pas une parade facile lorsqu’on manque d’inspiration ?

Ou est ce que je suis en train de devenir complètement réac ?…

La bonne petite adresse

Lundi 25 mai 2009

image-9J’aimerais partager une très bonne adresse de la blogosphère. A vrai dire, une toute petite échoppe confidentielle, mais qui mérite largement son RSS d’or. Et pour soulever toute réticence suspicieuse, je préfère être claire : non ce n’est pas le blog de ma meilleure amie qui cherche à monétiser, et puis non, la blogueuse dont je vais parler ne sponsorise pas ce post (on déteste ça ce n’est vraiment pas notre genre). Il s’agit simplement d’une de ces découvertes qu’on peut faire quand on joue aux hommes grenouilles dans les profondeurs du web. Un blog fait pour le plaisir, lu essentiellement par un entourage proche, le contraire du « blogbuster » ; on pourrait appeler ça “un blog d’auteur”, ou “un blog d’art et d’essai” si vous préférez…

D’abord cela s’appelle perte de temps comme quelque chose que l’on revendique pour s’efforcer de moins le craindre (et ça perso, ça me parle).
Ensuite, la blogueuse écrit en 5 langues différentes (allemand, anglais, français et portugais), selon ses humeurs et ses sujets, comme pour aller encore plus loin dans le pouvoir que nous donne le web d’abolir les frontières.

Et puis, contrairement à son titre, ce blog nous permet largement de ne pas perdre notre temps, car son auteure, curieuse de tout et visiblement amatrice d’art, a un œil qui, lui aussi, semble parler pas mal de langues… Ainsi on peut faire des découvertes assez importantes d’un David Blàzquez… à un Yuken Teruya.

image-10 Corner Forest@Yuken Teruya

Enfin je vous recommande chaleureusement ses escarmouches pleines d’esprit et d’espièglerie. La dernière en date : « why a blog doesn’t get popular » un vrai régal d’anti-conseil en web social qui vise dans le mille.

Enjoy

En cure de désintox…

Mercredi 20 mai 2009

A toi qui te connecte tous les jours sur Facebook…

A toi qui met à jour toutes les heures ta page d’accueil pour être au courant des derniers commentaires et des dernières humeurs de tes 465 “amis”…

A toi qui cherche encore à élargir ton cercle de “friends” sur Facebook pour pouvoir faire exploser ton compteur et te gargariser dans des soirées privées que tu as plus de 600 amis avec lesquels tu es régulièrement en contact…

A toi qui joue un petit peu les voyeurs sur le net en checkant toutes les photos de week-end de tes amis même si tu n’y étais pas convié…

Il est grand temps de te désintoxiquer ! Facecorrette

Ainsi, après Nicorette, voici Facecorette, le nouveau patch qui t’aide à arrêter progressivement ta consommation excessive de ce “must have” du réseau social. Facecorette, t’aide à surmonter cette aventure semée d’embûches, à surmonter ce défi personnel au quotidien grâce à un site malin proposant de calculer ton degré de dépendance, de motivation et t’offrant quelques astuces pour mieux t’en passer…

De mon côté, avec un degré de dépendance avoisinant les 8/10 et avec une motivation proche de 1/10, je sens que ma désintoxication va être très difficile. Entre spasmes et sueurs froides, mon corps me dit déjà non! Facecorette, bientôt en vente dans toutes les bonnes crèmeries et à adopter sans hésiter !

Le geek, c’est chic

Lundi 18 mai 2009

J’aurais bien aimé que ce jeu de mots vienne de moi, mais rendons au geek ce qui appartient à César, c’est le titre d’un article de Slate qui a attiré mon attention sur une tendance de fond : le geek est à la mode. Oui madame, le geek (à prononcer <guique>), celui aux lunettes improbables, le moche qu’on ne regardait pas en classe, le “heureusement qu’il est intelligent le pauv’ garçon”, celui-là même est devenu hype !

Mais attention, le geek n’est pas un no-life, qui, comme son nom l’indique, n’a pas de vie. Le geek est un mélange subtile de maladresse sociale et d’intelligence technique. D’accord, mais qui me direz-vous ? Mais ils sont partout ! De la geekette autiste (oui parce que le geek a son féminin) Lisbeth Salander, l’héroïne géniale du Millénium de Stieg Larson, à la bonne-copine-un-peu-faire-valoir type  Ugly Betty. Et IRL comme ils disent (in real life) ? Et bien, par exemple, Camélia-Jordana de la Nouvelle Star est une geekette icônique – pardonnez la référence culturelle.

Camelia-Jordana, de la Nouvelle Star

Camelia-Jordana, de la Nouvelle Star

Admirez les lunettes, que vous n’auriez pas portées au collège même si on vous avait payé. Côté masculin :  Cyprien d’Elie Semoun, celui qui aime les blondes à forte poitrines, né dans un petite annonce et dont il a fait un film, salué comme le  Gérard 2009 du plus mauvais film. Le geek, c’est bien, mais ce n’est pas tout et surfer sur la vague n’empêche visiblement pas de prendre la tasse.

Autre réussite télévisuelle révélatrice de cette mode du geek : l’émission américaine Beauty and the Geek dont le sous-titre nous promet “l’expérience sociale ultime”, rien que ça. Le concept : des “beautés” à cerveau limité font équipes avec des “cerveaux”, l’objectif étant que les geeks apprennent à se décoincer pendant que mesdames troquent leur lisseur-friseur-brushingueur contre quelques neurones. Avec des histoires d’amour en prime, des rivalités, des jalousies…bref, du piquant, du trépidant, du pédagogique.

Au vu des épreuves intellectuellement harassantes auxquelles sont confrontées ces dames (Citez-moi un état des Etats-Unis dont le nom commence par “m”, ou encore épelez-moi le mot “calendar” et je vous assure que les 2 se sont trompées), regarder cette émission nous donne l’impression d’être favori(e) au prochain Nobel de physique. Mais là où le bât du geek blesse, c’est qu’à côté d’un major du MIT ou de toute autre figure intellectuelle, on trouve le VP de l’association des fans de “Shérif Fais-moi Peur”. Et quand je vous dis ça, je ne sais pas ce qui me fait le plus peur : que ce gars là soit considéré comme un geek, ou bien que je me souvienne de lui. Pour le plaisir, une compilation des meilleurs moments de la saison 5 et disponible ici.

Jonny Makeup : a star is born

Lundi 18 mai 2009

Jonny SelbyJonny Makeup, c’est un peu l’anti-Mickael Vendetta à la sauce US. Un personnage incarné, composé, (interprété ?) par Johnny Szymanski, 30 ans à peine, Los Angeles.

Figure incontournable des milieux webo-hypeux transcontinentaux, il fût un temps le chanteur du groupe ultra-queer V.I.P Party Boys. Redevenu anonyme, – enfin façon de parler-, il est présent sur les lieux les plus tendances du Web. Shooté dans son intérieur par le très pointu (The) Selby ici, apparaissant dans les fêtes people très très confidentielles de NYC à Paris, à voir sur icanteachyouhowtodoit.com, et même décliné sur un tee-shirt en vente sur le site d’American Apparel (dont le jeune homme est par ailleurs responsable de l’image + placements de produits).

 

Jonny Makeup, vous le constaterez, c’est donc un véritable show à lui tout seul !

Tee shirt JonnyOn pourrait presque croire à une crise d’ego bien placée si on ne décelait pas très rapidement le haut potentiel ès second degré du garçon. Pourtant, dans un genre auto-centré, le bandeau de son blog à apprécier plus bas, est un bon contre-exemple. Mais son apparition dans le clip de Cazwell sur le titre “I seen Beyonce at Burger King”, vue plus de 700.000 fois sur Youtube, aura fini de nous convaincre de ses talents de comédien (quelle prestation !) et de l’ironie derrière les paillettes, la frange et les fringues délirantes.

Autant que sa mise en distance subtilement orchestrée sur son propre sujet, lui-même, ce sont les réseaux et les astuces de Jonny qui font d’ores et déjà de lui une petite sommité 2.0. Finalement, on se rend compte que le Web, une fois de plus, c’est comme dans la vraie vie… Connaître les bonnes personnes sur les bons lieux du Net, “réseauter”, savoir jouer de son image et multiplier les apparitions stratégiques… : les secrets d’une couverture optimale ?

En tout cas, il semble que Jonny soit définitivement un homme de communication. Personnellement, je suis fan.

Bandeau

Crédits photos, de haut en bas : The Selby, American Apparel, Jonny Makeup

Si nous étions des ours polaires…

Jeudi 14 mai 2009

Global Warming : When you feel it, it’s already too late
envoyé par jedall. – L’info internationale vidéo.

Communautés en ligne, marques et produits : la vision de Loïc le Meur

Jeudi 14 mai 2009

Excellente vidéo de Loïc Le Meur sur les communautés en ligne, le community management et tout ce que cela peut apporter au marketing. A visionner sans modération ! (via Accessoweb)

Nouvelle Vague 2.0 ?

Jeudi 7 mai 2009

Varsovie ExpressJe viens de découvrir le collectif associatif Kassandre, et je suis totalement fan.  Il s’agit de Cinéma et d’invention 2.0. On lit dans leur présentation que « Kassandre réunit les cinéastes qui ont fait le choix de distribuer leurs créations librement, autorisant et encourageant le public à télécharger, copier et redistribuer leurs œuvres ».

Révolution des pratiques, inversion totale de la problématique “création et Internet”, la démarche est très poussée et très pensée. Elle propose une alternative profonde qui permet de produire, concevoir et promouvoir autrement et faire de cette nouvelle ère technologique un atout créatif majeur. Ainsi, non seulement Kassandre propose et encourage l’accès libre des oeuvres de ses cinéastes via le téléchargement gratuit, mais aussi :

  • le partage de la création entre artistes (la mise en commun et à disposition libre de tous les rushs réalisés par le collectif),
  • la création participative artistes-internautes (qui peuvent collaborer à toutes les étapes de la conception d’un film)
  • et enfin un nouveau modèle économique qui permet de mieux rémunérer les artistes.

Bien entendu leurs détracteurs auront vite fait de leur opposer les résultats obtenus, pour le moment inexistants. Attaque facile étant donné que la démarche est toute fraîche et les projets récents. Mais je vous invite à faire connaissance avec le projet  Backstage qui est en train d’accoucher de son premier « long métrage produit et réalisé avec la participation des internautes », Varsovie Express, et vise « une sortie simultanée en salles et sur Internet sous licence libre »

Je m’engouffre donc dans ce projet et vous raconte comment ce nouveau modèle de cinéma, libre et collaboratif, vit son aventure… A suivre

Des séries télé éco-conçues ? On s’en approche…

Mercredi 6 mai 2009

Mon truc à moi c’est les séries télé et l’environnement au quotidien… alors quoi de mieux que de découvrir que nos séries préférées commencent à se soucier de leur empreinte carbone ?

Début Mars, la Fox a annoncé que 24h chrono la fameuse série à suspens, était la première série américaine à être « carbon neutral »… ou en tous les cas, se prévalait d’une baisse de 43% de ses émissions de carbone grâce à des pratiques plus écologiques. Par exemple, la série utilise désormais des véhicules hybrides qui ont permis d’économiser environ 5000 litres d’essence. 24hDes spécialistes du calcul d’émissions de dioxyde de carbone ont fait leur apparition sur le plateau de tournage. Des générateurs et des ampoules basse consommation ont été installés partout. La production s’est également acquittée des taxes environnementales fixées par l’État de Californie, destinées à financer la production d’énergie solaire ou éolienne. Enfin, la Fox a tourné des mini-films avec quatre des principaux acteurs de la série afin de sensibiliser le public aux questions liées au changement climatique. Plus d’info ici.

Et en France, que se passe-t-il ? On en est au projet incitatif : Ecoprod a été lancé fin avril, par 5 partenaires (le Groupe Audiens, Commission du Film d’Ile de France, ADEME, TF1, France 5, DRIRE Ile de France).ecoprod-2 Le claim ? pour des productions cinématographiques et audiovisuelles respectueuses de l’environnement. L’idée ? Sensibiliser et mobiliser les pro de l’image sur les enjeux du développement durable, pour diminuer l’impact des productions sur l’environnement. Un site web a été mis en place : www.ecoprod.com, conçu, comme un véritable centre de ressources, proposant des outils en libre service (fiches de bonnes pratiques des métiers; calculateur carbone adapté aux spécificités de la filière image etc…). Ce site a également pour vocation de recueillir l’ensemble des expériences des professionnels, contribuant ainsi au développement des bonnes pratiques.
Alors l’an prochain, c’est Plus belle la vie qui devient écolo ?

La mode n’aime pas les filles, les filles aiment la mode

Mardi 5 mai 2009

C’est un fait, chaque saison, vous pouvez en être sûrs, les tendances les plus en vogue n’ont aucune chance de se trouver du côté de mon dressing. Non que je ne sois pas folle d’excitation devant tous ces objets de désirs. Seulement voilà, mettez-moi une paire de Wayfarer sur le bout du nez et je suis instantanément ridicule. Mieux, quand combishort et combi-sarouel – et là, je vais loin-, me font de l’oeil ici ou , (divinement porté au passage), je prends mon courage à deux mains, opère une tentative d’essayage et c’est la catastrophe assurée. Au bout de 26 années et quelques minuscules petites poussières, j’en ai pris mon parti et j’assume, je compose avec.

Nast MagazineEntre Rayban et Persol, j’ai donc fait mon choix (ou plutôt la mode a fait son choix pour moi) : ce sera Persol. Marque jouant à fond la carte du parisianisme, la machine The Kooples ne m’aura pas ; je lui préfère la délicatesse des looks intemporels d’A.P.C (tout aussi parisiens au demeurant mais je reparlerai de ces deux marques ultérieurement). Quoi qu’il en soit, vous l’aurez compris, le tregging m’est définitivement interdit. Et je vous prie de me croire, c’est mieux pour tout le monde… Force est de constater que nous ne sommes pas égaux devant la mode. Mais le point positif (si, il y en a un !), c’est que ces coups du sort modeux m’ont, je crois, obligée à créer mon propre style.

C’est ce que je trouve fascinant dans la mode : notre propre capacité à assembler au mieux les chiffons que l’on préfère à ceux qui nous vont le mieux. Cela doit être ça, la lucidité. Quand je regarde les jeunes femmes shootées par Sophie par exemple, je m’aperçois qu’on est sûrement toutes un peu pareilles, nous les filles. Chacune a imaginé son propre look, avec les années et l’expérience. Chacune a sa propre allure.

Il y a quelques jours, je faisais le tour de mes blogs de mode préférés et je me disais qu’avec Internet, la mode a encore vécu un tournant dans son histoire. Après la Haute Couture, ses codes sociaux, sa distinction, le prêt-à-porter industriel de masse dès les années 60 et enfin la mode renouvelée et mondialisée de la fin du 20ème, on ne peut plus aujourd’hui, je crois, parler de la mode, mais bien des modes, ou à tout le moins, d’une mode plurielle. Les tendances, on les trouve maintenant dans la rue, puis sur Internet….

Nast MagazineTous les style hunters de talent qui officient sur la Toile exposent chaque jour des dizaines, peut-être même des centaines de jeunes modèles improvisées, au look unique et presque auto-composé sur mesure. Les photographes en question deviennent eux-même sources d’inspiration pour les médias de référence. C’est le cas du couple surdoué, Scott et Garance ; le premier ayant sa propre rubrique sur le site  style.com, la seconde étant présente sur vogue.com. Quant à la pétillante Sophie, son blog Nast Magazine est salué par elle.fr… Rien que ça !

Ce qui est fabuleux, je trouve, c’est le jeu du “Tout est permis” et la fraîcheur qui se dégage de ces plateformes. Ces jeunes filles qui posent devant l’objectif sont pour moi les nouvelles icônes de l’ère numérique. Ce sont elles qui donnent à rêver à la génération Internet.

Il est tout à fait possible que je me berce de douces illusions mais j’espère quand même que comme elles, j’ai su (un peu) apprivoiser la mode, me l’approprier.

Visuels : © http://www.nast-magazine.fr