
J’ai découvert, par le biais d’une amie qui bosse dans la communication interne, un usage de Twitter que même François dans sa trilogie n’a pas abordé et cela, mes amis, c’est une source de fierté en soi.
De quoi s’agit-il ? Je vous aide : il ne s’agit pas de twitter les bons plans des soldes en cette magnifique journée où en plus il ne doit pas y avoir grand-monde dans les boutiques, ni de la soirée Paris Twitte-t-il ce soir. Pour info et au passage, je devrais y faire un saut (d’oiseau naturellement) donc à bon entendeur…vous pouvez me twitter que vous êtes dans le coin (non ce post n’est pas de l’autopromotion primaire, il s’agit d’opportunisme, c’est tout différent) : @cha_letondot.
Bon, un autre indice : l’article est ici en anglais, il s’agit du témoignage d’Abide Virgin Media.
Vous l’aurez deviné, étant donné les fonctions des protagonistes sus-nommées, il s’agit donc de communication interne (ah tout d’un coup, on se rappelle d’un truc super urgent à faire, c’est ça ?!).
Plus sérieusement, c’est un usage de Twitter encore rarissime me semble-t-il, mais qui vaut la peine de plonger le bec dedans.
Le pitch : Virgin Media souhaite intégrer des outils “sociaux” dans leur modes de collaboration interne. Ils ont crée un compte Twitter protégé pour faciliter la communication de la filiale (qui compte tout de même une centaine de bureaux au UK). Et en plus, ils sont funs chez Virgin, ça se voit au sourire de la dir com interne.
Les résultats : Evidemment je vous le donne dans le mille, c’est fantastique (en même temps, sinon, on ne fait pas de case study). Grâce à Twitter, ils se parlent tous comme des oufs, échangent plein d’infos, bref les flux d’informations n’arrêtent pas, et les collaborateurs se sentent plus impliqués dans la vie de leur entreprise.
C’est le rêve, n’est-ce pas ? Vite, un compte Twitter interne ! Mais comment faire pour transposer ce succès dans une autre entreprise ? C’est là que la consultante qui est en moi reprend le dessus et a même quelques observations à faire partager.
Tout d’abord, je trouve que l’audace de l’initiative mérite d’être saluée à l’heure où la frontière entre interne et externe est de plus en plus poreuse. Aucun problème de sécurité n’est mentionné dans le case study. Certes, ce n’est peut-être pas ce sur quoi Virgin Media aimerait mettre l’accent, mais peut-on également poser l’hypothèse que l’ouverture du réseau Twitter est telle, et les RT si facilement traçables, que les collaborateurs s’auto-régulent de manière spontanée ? De plus, il y a fort à parier que les informations qui transitent sur ce compte ne sont pas les plus confidentielles.
Le développement de ce nouvel usage me semble résulter de la conjonction de plusieurs facteurs – communs d’ailleurs à la volonté de généraliser une nouvelle pratique de communication :
- une masse critique d’utilisateurs
- une direction qui soutient le projet. Richard Branson est l’un des rares patrons sur Twitter (@SirDickBranson). Il n’est probablement pas impliqué dans ce choix, mais il n’en demeure pas moins qu’il “donne l’exemple”, ce qui doit se repércuter sur la manière dont les managers perçoivent ces nouveaux outils.
- une culture d’entreprise tournée vers l’innovation et prête pour ces nouveaux outils. Si la promotion de la culture d’entreprise “fun” me fait sourire à l’heure où Virgin Atlantic licencie à cause de Facebook, il n’en reste pas moins que c’est un facteur essentiel de la réussite d’un tel projet.
- Des salariés early-adopters ou eux-mêmes utilisateurs.
Ce que j’aimerais savoir, c’est la façon dont l’usage de Twitter s’est répandu au sein de cette filiale : s’est-il répandu de manière spontanée, ou les collaborateurs ont-ils été incité à ouvrir un compte ? Je pencherai plutôt pour la 1ère solution, voire un mix des 2 : les usages privés sont en avance sur les usages “professionnels” en matière de web 2 et j’imagine qu’un noyau d’early adopters a du lancer l’usage, avant que le peloton ne suive, probablement encouragé par leur direction, le tout sous-tendu par une communication interne adéquate.
Enfin, comment capitaliser sur ces échanges ? Twitter semble plutôt procéder d’une logique court-termiste pour ne pas dire immédiate. Si les twits ne sont pas archivés, ils disparaissent dans le flot continu d’informations. Alors, comment capitaliser sur cette intelligence collective pour en faire un outil knoweldge management qui puisse servir l’entreprise à plus long terme ? Autrement dit, peut-on déplacer le spectre temportel de Twitter vers du moyen ou long terme ?
Et vous, qu’en pensez-vous ?
Tags : communication interne, twitter, virgin media


Génial ce cas! Problématique très intéressante! Certaines entreprises se sont d’ailleurs très vite rendues compte des limites de l’utilisation de Twitter en interne. Mais la limite des uns faisant le bonheur des autres, certaines start-ups se sont précipitées sur cette niche … en proposant des solutions de microblogging pour entreprises (http://www.yammer.com). Ces solutions sont conçues de telle sorte que l’activité même des employés (échanges de fichiers, alertes) créée de l’information via des micro-posts. Cela résout 2 problèmes qui angoissent les directions: l’information ne sort pas de l’entreprise, et les collaborateurs économisent du temps sur la publication (Twitter nécessite un temps de publication + un temps de production) puisqu’il est possible par exemple de générer automatiquement un micro-post du type “Charlotte travaille sur …” avec un lien vers le document en cours d’élaboration sans avoir à rédiger puis à poster! Simplement en travaillant sur ses projets comme si de rien n’était. Top le micro-KM hein?
Pas mal l’initiative, effectivement ! Mais, pour les usages internes et donc pas toujours uniquement axés sur l’immédiateté, je pense que de nouvelles solutions risquent d’apparaitre dans les prochains temps…
Ou il faudrait penser une version mieux traçable des Twits actuels, un “pack spécial entreprise” ? Mais les outils du genre risquent de pulluler… ça c’est sur !
J’adhère. J’envisage d’ailleurs de proposer en interne une solution équivalente, car le risque de rendre publics des tweets pro me paraît trop important pour une DG. Et effectivement, comme tout projet de comm interne, l’implication de la DG est indispensable.
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@youss : J’adore le micro-KM !
effectivement, le postage automatique doit faire gagner un temps fou !
@GilR et @Patrick je reviens du Co Lab sur les outils collaboratifs internes aux entreprises et c’est pourtant une question qui n’a pas été abordée. Intéressant, non ?