Décidément, Facebook se révèle chaque jour qui passe comme le plus gros réseau social de freaks qui existent. Dans un moment de désoeuvrement passager, je chattais il y a quelques jours sur Facebook avec un copain, enfin plutôt avec une connaissance de la période bénie dite pré-adolescente… Je dois dire en préambule que jusqu’à ce que la mini-barre clignotante s’affiche, accompagnée de son « new message from Julien Durand* » ne se mette en oeuvre, j’avais complètement oublié l’existence dudit Julien Durand.
(* Tous les noms ont été changés, par respect pour les protagonistes.)
Julien Durand m’aborde donc, nous entamons une discussion tout à fait inoffensive jusqu’à ce qu’il mécrive quelque chose du genre « C’est quand même merveilleux Facebook, on se serait jamais parlé sans ça, bla bla bla, bla bla bla ». Pas convaincue, j’abonde malgré tout en ce sens, – j’ai un vague souvenir de Julien D. piquant la crise de nerfs la plus hystérique qu’il ne m’ait jamais été donné de voir. A sa décharge, il faut dire que ce jour-là, Julien D. avait dû faire face à un sacré affront. Son ex, Aurélie B., pas très fair-play, avait osé devant 400 collégiens aussi muets de stupeur qu’inexpérimentés une démonstration assez spectaculaire du baiser hollywoodien dans sa version totale, et ce avec le meilleur ami de Julien D. deux petites heures à peine après avoir quitté celui-ci. Bref.

Etant donné donc que je me souviens très bien du potientel high-emotionnal du garçon, je ne suis pas très encline à le contrarier et je lui réponds qu’effectivement Facebook c’est génial : « Comment a-t-on pu vivre sans ? etc etc » (Mon problème à moi étant que je ne peux pas me contenter d’approuver, je me sens obligée de surenchérir, ne me demandez pas pourquoi). A ce moment-là, mon interlocuteur virtuel (que je vois toujours avoir 11 ans et demi) me rétorque un inquiétant : « Ouais enfin t’emballe pas non plus, moi je m’en sers surtout pour checker mes ex ».
La question que j’ai envie de poser maintenant est simple : Comment est-ce possible ????? Comment peut-on vouloir suivre le profil de ses ex via Facebook ? Comment ? Pourquoi ?
Plongée dans une insondable perplexité, je prétexte un coup de fil pro urgent (il est 00h30) pour me déconnecter aussi vite que possible. A ce stade, je me fous tout à fait d’être crédible. Ce mec est dangereux !
Mais après quelques jours de réflexion, je dois bien reconnaître que ma propre activité sur Facebook n’est peut-être pas tout à fait exempte de tels actes expiatoires / défoulatoires / inavouables (rayez la mention inutile). Par exemple, pourquoi ai-je absolument voulu retrouver Vivien G., l’horrible petite chose hyperactive qui m’avait poussée à bout au point de lui coller une gifle en cours de physique-chimie, sinon par pur masochisme ? Pourquoi compter dans mes contacts Clémentine H., l’ex de mon ex avec qui j’entretiens comme avec toutes les ex d’ex un rapport de haine cordiale, sinon par curiosité déplacée ? Pourquoi utiliser la fonction recherche pour pouvoir se délecter allègrement de la profile picture de quelqu’un qu’on ne reverra jamais (et qu’on a aucune envie de revoir un jour) ? Ne niez pas, je suis sûre que vous l’avez déjà fait vous aussi !
Depuis lors, Facebook est devenu l’ennemi number one de ma propre psyché… C’est grave Docteur ?
Edit : J’ai pleinement conscience que plus aucun de mes contacts Facebook, lecteurs de ce blog par ailleurs, n’entameront à l’avenir un Facebook chat avec moi.
Edit 2 : N’ayant pu résister à la tentation, j’ai été contrainte de demander à Julien D. si Aurélie B. faisait partie des fameuses « ex checkées ». La réponse est au moins aussi bonne que tout le reste : « Pfff tu parles, elle n’a jamais accepté ma Friend Request, cette garce ». J’adore…