Elodie
Facebook fait-il ressortir le psychopathe qui sommeille en nous ?

Par Elodie, le 28 septembre 2009

Décidément, Facebook se révèle chaque jour qui passe comme le plus gros réseau social de freaks qui existent. Dans un moment de désoeuvrement passager, je chattais il y a quelques jours sur Facebook avec un copain, enfin plutôt avec une connaissance de la période bénie dite pré-adolescente… Je dois dire en préambule que jusqu’à ce que la mini-barre clignotante s’affiche, accompagnée de son « new message from Julien Durand* » ne se mette en oeuvre, j’avais complètement oublié l’existence dudit Julien  Durand.

(* Tous les noms ont été changés, par respect pour les protagonistes.)

Julien Durand m’aborde donc, nous entamons une discussion tout à fait inoffensive jusqu’à ce qu’il mécrive quelque chose du genre « C’est quand même merveilleux Facebook, on se serait jamais parlé sans ça, bla bla bla, bla bla bla ». Pas convaincue, j’abonde malgré tout en ce sens, – j’ai un vague souvenir de Julien D. piquant la crise de nerfs la plus hystérique qu’il ne m’ait jamais été donné de voir. A sa décharge, il faut dire que ce jour-là, Julien D. avait dû faire face à un sacré affront. Son ex, Aurélie B., pas très fair-play, avait osé devant 400 collégiens aussi muets de stupeur qu’inexpérimentés une démonstration assez spectaculaire du baiser hollywoodien dans sa version totale, et ce avec le meilleur ami de Julien D. deux petites heures à peine après avoir quitté celui-ci. Bref.

dexter
Etant donné donc que je me souviens très bien du potientel high-emotionnal du garçon, je ne suis pas très encline à le contrarier et je lui réponds qu’effectivement Facebook c’est génial : « Comment a-t-on pu vivre sans ? etc etc » (Mon problème à moi étant que je ne peux pas me contenter d’approuver, je me sens obligée de surenchérir, ne me demandez pas pourquoi). A ce moment-là, mon interlocuteur virtuel (que je vois toujours avoir 11 ans et demi) me rétorque un inquiétant : « Ouais enfin t’emballe pas non plus, moi je m’en sers surtout pour checker mes ex ».

La question que j’ai envie de poser maintenant est simple : Comment est-ce possible ????? Comment peut-on vouloir suivre le profil de ses ex via Facebook ? Comment ? Pourquoi ?

Plongée dans une insondable perplexité, je prétexte un coup de fil pro urgent (il est 00h30) pour me déconnecter aussi vite que possible. A ce stade, je me fous tout à fait d’être crédible. Ce mec est dangereux !

Mais après quelques jours de réflexion, je dois bien reconnaître que ma propre activité sur Facebook n’est peut-être pas tout à fait exempte de tels actes expiatoires / défoulatoires / inavouables (rayez la mention inutile). Par exemple, pourquoi ai-je absolument voulu retrouver Vivien G., l’horrible petite chose hyperactive qui m’avait poussée à bout au point de lui coller une gifle en cours de physique-chimie, sinon par pur masochisme ? Pourquoi compter dans mes contacts Clémentine H., l’ex de mon ex avec qui j’entretiens comme avec toutes les ex d’ex un rapport de haine cordiale, sinon par curiosité déplacée ? Pourquoi utiliser la fonction recherche pour pouvoir se délecter allègrement de la profile picture de quelqu’un qu’on ne reverra jamais (et qu’on a aucune envie de revoir un jour) ? Ne niez pas, je suis sûre que vous l’avez déjà fait vous aussi !

Depuis lors, Facebook est devenu l’ennemi number one de ma propre psyché… C’est grave Docteur ?

Edit :  J’ai pleinement conscience que plus aucun de mes contacts Facebook, lecteurs de ce blog par ailleurs, n’entameront à l’avenir un Facebook chat avec moi.

Edit 2 : N’ayant pu résister à la tentation, j’ai été contrainte de demander à Julien D. si Aurélie B. faisait partie des fameuses « ex checkées ». La réponse est au moins aussi bonne que tout le reste : « Pfff tu parles, elle n’a jamais accepté ma Friend Request, cette garce ». J’adore…

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12 commentaires sur “Facebook fait-il ressortir le psychopathe qui sommeille en nous ?”

  1. Bubu dit :

    Tout va bien, tout va bien. Rien n’est perdu ;-) Facebook, paraît-il, est utilisé par certains psychologues dans certains cas notamment ceux liés à des problèmes d’image de soi ou de socialisation…

  2. laetitia dit :

    J’adore l’illustration du texte ! fameux ! je suis d’accord avec toi Facebook est un stimulant extraordinaire de nos névroses. Délires paranoïaques, fantasmes d’omniscience, exhibitionnisme, mythomanie, mégalomanie, et j’en passe. Mais bon, puisqu’on en est là, expions, expions…

  3. Charlotte dit :

    Je ne suis pas d’accord : je trouve que ça n’a rien de psychotique de vouloir voir -maintenant qu’on le peut- ce que sont devenus des gens qui nous ont marqué, en bien ou en mal, même si c’est 15 ans après les faits, pour ne voir que leur photo. D’ailleurs, c’est peut-être justement parce que c’est 15 ans après les faits et que ça ne demande pas plus d’efforts que de regarder une photo qu’on le fait. Et puis, même si on a tous dans nos “amis” des profils un peu “dîner de cons-regarde-il-fabrique-des-répliques-de-monuments-historiques-avec-des-allumettes”, ça n’est pas le coeur des activités de FB. enfin, perso, je suis effectivement hyper contente d’avoir retrouvé des gens géniaux grâce à FB et ne me considère pas comme une déséquilibrée sociale…maintenant excusez moi, j’ai des couteaux à aiguiser….;-)

  4. François dit :

    Et encore, tu ne connais visiblement pas :

    - le syndrome de l’ex-vague copain d’il y a 20 ans dont tu as le malheur d’accepter la friend request et qui dès cet instant précis se met à commenter TOUTES tes photos et TOUS tes statuts, les statuts particulièrement quand ils sont private joke et compréhensibles par 1,5 personne de ton entourage, pour dire des choses évidemment particulièrement inintéressantes et enfoncer des portes ouvertes, VOIRE qui s’incruste à un event que l’organisateur a eu le malheur de classer en “open” (véridique)

    - le syndrome du mec que tu ne connais pas mais qui fait visiblement un peu le même genre de boulot et dont tu acceptes la friend request en te disant “OK, c’est du networking”, et qui DES LE SOIR MEME te prend en chat pour rebondir sur un film dont tu viens de parler, et qui dès lors se met à commenter TOUTES tes photos et TOUS tes statuts, les statuts particulièrement quand ils sont private joke et compréhensibles par 1,5 personne, etc.

    Mais bon tu as raison, Facebook c’est bien pratique. Sauf quand le profil est bloqué et qu’on ne peut rien voir. Heureusement, il y a aussi MySpace, Google, 123 people, Spock, LinkedIn, etc. Finalement, on parle beaucoup du “personal branding”, mais à quand le “personal spying” ?

  5. Le Prénom dit :

    Au titre et à la question du billet, je réponds : OUI.

    Clairement, Facebook fait ressortir en nous (enfin, parmi les plus fragiles d’entre nous, tout du moins, j’imagine) tout ce qu’il y a de plus inhabituelle.

    L’impact de FB sur le comportement des gens est incroyable. Les comportements et les mœurs changent tant et si bien que je commence à trouver cela assez effroyable.

    Comment, sinon, expliquer qu’une ex qui croise mon petit ami (dans le train une fois, à la sortie d’un bar une deuxième fois) ne vienne pas lui dire bonjour directement -bon, j’étais là, ça a dû la refroidir, mais tout de même- et qui fait ensuite parvenir un message par FB pour dire “coucou, je t’ai vu, m’as-tu vu… ?”

    Ou une connaissance que je rencontre une seule fois à une soirée qui me fait parvenir un « friend request »…

    Ou une autre connaissance avec qui je n’ai aucune affinité qui me fait également parvenir un « friend request »…

    Ou alors, comme le dit si bien François, ces « spammers » qui commentent tout et n’importe quoi alors que les messages sont clairement destinés à un cercle très très privé.

    A mon avis, si Facebook se maintient dans la durée, il y aura une ligne de conduite qui sera par la suite assimilée et adoptée. Tout comme le fonctionnement d’une famille ou d’un pays : il y a des choses qui se font et il y a des choses qui ne se font pas… Et tout cela se mettra en place petit à petit. Aujourd’hui, on a bien compris que la photo de la copine-bourrée-qui-s’écroule-au-sol est à proscrire, tout comme le tag qui l’accompagne, d’ailleurs.

    Avec le temps, l’usage que l’on fait de FB changera, j’en suis sûre… Sinon, qui parmi nous, pourra tenir encore quelques années à vouloir échanger avec ses amis, attendre une réaction de surprise de leur part lorsqu’on annonce qu’on est fiancé/marié/embauché dans THE boîte et qu’on reçoit comme tout retour enthousiasmé un « Ah, oui, c’est vrai, je l’ai vu sur Facebook ».

    Pour le moment, il est clair que FB fait partie de notre vie (y a-t-il une soirée où ce mot n’est pas mentionné ?)

    Tout cela étant dit, j’admettrais tout de même que lorsque mon ex s’est inscrit sur Facebook, je m’imaginais, qu’à tous les coups, il allait me chercher et si cela avait été le contraire, il m’aurait trouvé par Friend Finder, n’est-ce pas… ? Je l’ai moi-même su en faisant un « Friend Finder »… Résultat, j’ai mis la plus belle photo de moi, histoire de dire « t’es passé à côté d’ELLE ! Elle ! » Un peu psychopathe, vous ne trouvez pas ?

    Mon souhait le plus cher, ce serait qu’on revienne à une époque un petit peu moins malsaine et perverse, où finalement le réseautage ressemble plus à Copains d’Avant qu’à FB.

    En discutant avec des jeunes (quand je dis jeunes, je parle de ceux nés dans les années 90 ou 2000), nul d’entre eux ne semblait trouver cela choquant de suivre la vie quotidienne de leur ami/e par le biais de MSN, MySpace, Facebook ou autre type de réseau social.

    J’imagine que c’est un peu cela vivre au 21ème siècle, dans ce futur tant décrit.

    C’est peut-être nous autres, nés dans les années 80 qui avons du mal…

  6. Charlotte dit :

    Je suis désolée mais je ne suis toujours pas d’accord. Tu dis toi même que tu étais avec ton mec quand son ex est passée. La réponse est dans la question : évidemment que c’est beaucoup plus confortable d’envoyer un mail après. C’est plutôt le signe d’un malaise social que d’une déséquilibrée facebook-pathologique.

    Et ça n’a rien de déséquilibré que de changer sa photo pour faire baver son ex. C’est un peu comme si, en le voyant à une soirée, tu étais partie de changer pour te mettre ta plus belle tenue. Rien de plus normal.

    Et pour ceux qui vous emmerdent à tout commenter, y’a toujours la solution de les enlever de ses amis, ce qu’on fait peut-être avec scrupules au départ, mais qu’on finit par faire de bon coeur.

    Concernant les news, si c’est un(e) vrai(e) pote, je le saurais avant FB qu’il ou elle est muté(e) / fiancé(e) / marié(e). Et si c’est un contact que je connais de loin, et bien ça me fera juste plaisir de l’apprendre, c’est aussi la raison d’être de FB.

    Enfin, personne ne vous force à aller sur FB, à remplir votre profil, à y RESTER et à mettre des status ou à partager votre vie…Vous le faites ? ben faut assumer. Je trop ça un peu facile d’être sur FB, d’être active dessus, et après de se la jouer “non mais en fait c’est vraiment nul”.
    Enfin, je suis d’accord pour dire que les codes sont en construction, et que les usages vont évoluer, mais encore une fois, c’est à chacun de mettre les infos qu’il veut et de consulter son profil ou celui des autres.

  7. Elodie dit :

    Juste un petit point de précision. Dans mon esprit, au moment où j’ai élaboré ce sujet, il y avait quand même une grosse part de second degré !!! Évidemment, je ne traite pas de sociopathes dégénérés les 152 contacts que j’ai sur Facebook (score pas énorme d’ailleurs quand on y repense… et là tout mon complexe égotique se révèle… ;-) ! Keep cool, on force le trait, it’s just fun !

  8. Le Prénom dit :

    Enfin, oui…
    J’ai bien vu qu’il y avait une grosse part de second degré mais j’ai quand même trouvé le post plus que passionant, d’où ma participation…
    Pour ma part, je filtre tout et c’est comme ça que j’ai su me protéger et garder les pieds sur terre et non dans le virtuel au bout de trois ans de facebooking…
    Enfin, super post quand même.

  9. Le Prénom dit :

    Et P.S, lorsque je me traite de psychopathe, c’est clairement du second degré! :)
    Je suis tout ce qu’il y a de plus sain…
    Mais, tout ça, pour dire qu’au final, on fait et dit par le biais de facebook ce qu’on oserait jamais faire de vive voix ou en envoyant un texto par exemple…
    La ligne de conduite que je me fixe sur facebook, c’est d’accepter en tant qu’ami que celles et ceux qui sont susceptibles de faire les deux sus-mentionnés…
    Sur ce, je retourne à facebook… J’ai des photos à checker! :D

  10. Elodie dit :

    @ Le Prénom

    C’est ça qui est génial avec Facebook (comme je disais à Julien D) : le côté “je déchaîne les passions” que pour ma part j’adore ! Par ailleurs, je dois bien reconnaître que je suis moi-même une grande hystérique ;-) du ckeckage de statuts et autres profile pictures…

    @ Charlotte

    Le Prénom et moi avons, je crois, bien titillé la fibre Facebookienne en chacun de nous ! Mais même s’il y a un fond de vérité / de vécu, on sourit en partageant ces anecdotes… On est moins dans la moquerie gratuite que dans l’auto-critique au final !

  11. M. dit :

    “je ne peux pas me contenter d’approuver, je me sens obligée de surenchérir” Hahahahaha! Super cool, ce post!
    Moi j’ai aussi une petite hypothèse perso, liée, justement au mal que les gens de notre génération “née dans les années 80″on va dire. Justement frustrés par la too much virtualité des relations d’aujourd’hui, on devient avides de profile picture, de minuscules avatars 5×5 pixels (tiens, Charlotte a des cheveux courts). Non… c’est bidon mon excuse. Ce qu’on adore c’est retrouver les vielles filles du CP et vois qu’elles sont devenues blondes et à fond de tunning. Just like that.

  12. François dit :

    Non mais après tout googler, facebooker un ou une ex ou un ou une target ce n’est pas une attitude de psychopathe, c’est juste de la curiosité… quand on le fait une fois. C’est quand on le fait tout le temps que la curiosité devient psychopathie (c’est comme ça qu’on dit ??). Facebook, Google, le web… nous offrent plus de possibilités de satisfaire notre curiosité, donc de verser dans la psychopathie… “Dosez juste”, comme on aime bien dire rue de Trévise.

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