Retour sur le buzz « Une minute pour en parler » avec Sophie Le Quellec, consultante pour l’Agence de la biomédecine et pilote de cette action.
C’est parti pour le décryptage de l’actu santé du mois sur la toile (hors grippe A, bien sûr)…
Claire Clisson : Quel est l’objectif de cette courte vidéo traitant du don d’organes ?
Sophie Le Quellec : Cette vidéo s’inscrit dans la mission d’information de l’Agence de la biomédecine (ABM), institution qui encadre le don d’organes en France et qui doit faire en sorte que la population connaisse les règles du jeu en la matière.
i&e accompagne l’ABM depuis 2004 dans ses actions de sensibilisation de la population à la démarche officielle du don d’organes. Cette démarche consiste à dire sa position sur le don à ses proches pour qu’ils en témoignent en cas de décès brutal. Il est important de rappeler que la communication aux proches prime sur l’utilisation d’une carte de donneur, qui n’a pas de valeur légale.
Le don d’organes c’est un sujet qui touche un tabou, celui de la mort. Un sujet généreux mais qui est difficile à aborder. La « minute » tranche avec les grandes campagnes de communication nationales que nous produisons tous les ans : c’est une action spécifiquement online qui cible surtout les publics qui ont généralement le moins de freins à envisager et à parler du don d’organes : les jeunes, les femmes et les CSP +. L’idée était de jouer sur des codes modernes, en étant didactiques mais aussi drôles et tendres, pour mobiliser des publics que le web peut, par ailleurs, facilement transformer en ambassadeurs du sujet, pour peu qu’on les équipe. D’où l’idée de ce petit film d’animation très simple, relativement « léger » par rapport au sujet mais qui explique tout en détails.
Ce film décline aussi un message que nous n’avions pas osé jusqu’ici. Il dit que parler du don d’organes finalement c’est assez simple, il faut juste prendre une minute. Ce message est ici possible parce que nous nous adressons à ces cibles « proches » du sujet. De la même manière, on peut plus facilement manier l’humour avec elles qu’avec la population générale.
CC : Pourquoi ce traité sous forme de dessin animé amusant ?
SLQ : Le choix de l’animation permet de raconter des situations graves tout en restant assez léger. Le personnage est représenté plusieurs fois en train de mourir mais comme c’est un personnage animé ça passe bien. Et puis il y a ce décalage de ton entre le texte qui dit des choses proches de la loi, la voix façon shadocks et l’image parfois franchement loufoque. Ca attire l’œil et l’oreille, ça donne envi de regarder jusqu’au bout et de faire tourner.
On a ainsi souhaité rentrer dans des codes qui marchent bien en buzz sur le web tout en étant respectueux de notre sujet.
CC : Pourquoi utiliser les médias sociaux comme relais de cette action ?
SLQ : Les médias sociaux sont des outils dont une large frange des publics à qui l’on souhaite s’adresser est adepte. On entre en interaction avec des réflexes d’information et de partage qui sont bien installés.
On s’est adressé aux blogueurs, twittereurs, groupes facebook qui sont en affinité avec notre sujet ou bien avec la façon dont il est traité (Ndr. l’utilisation de l’animation sur des sujets de santé est assez rare pour être soulignée !).
On leur a transmis l’information en fonction de leur « ligne éditoriale ». Certainement une des raisons pour laquelle notre vidéo se propage bien sur la toile…
CC : Une créa humoristique, un fort potentiel de reprise, voilà alors la recette miracle du buzz sur le net ?
SLQ : Le buzz ne se décrète pas. Certes la créa est très sympa, amusante et déclanche le sourire. Certes les lieux de reprise potentiels étaient relativement nombreux, avec un effet d’entraînement dû à toute une sphère de militants en faveur de la greffe qu’on avait déjà pas mal fédérée via facebook. Certes cette opération vient clore une année du don assez chargée en actions et en événements (le don de sang, d’organes et de moelle osseuse est grande cause nationale 2009).
Mais avant tout, on est dans le bon ton, un ton qui semble répondre à une attente. Ni dans la sensiblerie, ni dans l’ironie.
Cette action confirme le potentiel du web sur ce sujet et le fait que le don d’organes est un thème dont on n’a pas fini de faire le tour. C’est donc un essai transformé qui prouve qu’en dehors des grandes campagnes nationales, il ne faut pas hésiter à communiquer auprès de certaines cibles de façon plus spécifique et que le web est un très bon outil pour cela.
Pour en savoir plus…
Le site dédié à l’action « Une minute pour en parler »
Mais aussi…
Le groupe facebook « Le don, la greffe et moi »
Pour tout savoir sur le don, le prélèvement et la greffe d’organes en France, c’est ici.
Pour s’informer et agir en faveur de la greffe avec des témoignages de jeunes, c’est là.
Pour mieux connaître l’Agence de la biomédecine, ses missions et ses actions, c’est ici.
Tags
agence de la biomédecine, buzz, don d'organes, film viral, groupe facebook, médias sociaux
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Vous croyez aue ça marcherait si on le mettait sur un coin de Facebook ou qqch comme ça? En tout cas, moi je le crie haut et fort: Qu’on me prenne tout ce qui servira!
Ca n’a pas de valeur légale mais c’est une bonne façon de soulever le débat et d’indiquer son choix à ses proches. Ce qui compte c’est de “crier haut et fort” sa volonté à se proches …
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