Facebook s’est lancé, en octobre dernier, dans la mesure du Gross National Happiness (GNH) ou Bonheur National Brut. Cet indice n’est pour l’instant que disponible pour les US – ô suprise -, les autres pays devraient suivre rapidement.
Le GNH est basé sur les mots employés par les membres de Facebook dans leur status, et pour faire ça bien, le réseau social s’est entouré de psychologues. De cette collaboration fructueuse est née une classification bouleversante : les mots sont du type ” happy “, ” yay ” ou ” awesome ” ont été catégorisés en parmi les mots joyeux tandis que ” sad “, ” doubt ” ou ” tragic ” ont rejoint la triste catégorie des mots négatifs. Heureusement que je suis assise, j’en serais tombée de ma chaise.
Les résultats sont tout autant décoiffants : les gens sont heureux à l’approche des vacances (pic de bonheur à noter également le lendemain de l’élection d’Obama), tandis que les jours les plus tristes ont été ceux des décès de Heath Ledger et MJ.
Les résultats complets

Ce n’est pas la première fois qu’une “institution” décide de mesurer le bonheur national, qui est d’ailleurs une mesure tout à fait sérieuse au royaume du Bhoutan (par ailleurs le seul pays au monde où il n’y a pas encore de carte bancaire. Oui je sais, rien à voir, mais comme on n’a pas l’occasion de parler du Bhoutan tous les jours, il fallait bien que je le case). L’OCDE s’était déjà penché sur la question, remise sur le tapis médiatique par le rapport de la Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi. Son objectif ? Faire phosphorer 2 prix Nobel d’économie, le président de l’Observatoire Français de la Conjoncture économique et moult économistes de renom sur des indicateurs alternatifs au PIB omnipotent, notamment pour une meilleure prise en compte du bien-être des populations. Pour ceux qui le souhaitent, le résultat de toute cette matière grise est téléchargeable ici.
Ces considérations macro-économiques à part, l’indicateur de Facebook dévoile une partie de toutes les infos auxquelles le réseau social a accès. Read Write Web avait publié un article il y a un an sur le potentiel de Facebook comme outil de “mesure de l’opinion” : dommage que les résultats de cette première édition soient si plats, mais donnons-leur le bénéfice du doute et suivons de près son évolution sur les prochains mois. Bien sûr, certains ont titré sur le danger de cette pratique mais Facebook précise que, pour “protéger votre vie privée, personne à Facebook ne lit votre statut pour conduire notre étude, nos ordinateurs effectuent le compte des mots après que toutes les informations personnelles identifiables aient été supprimées “.
Alors, heureux ?
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bonheur national brut, commission stiglitz, Facebook, fitoussi, GNH, sen, stiglitz
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