L’un des pronostics les plus partagés en ce début d’année, par exemple ici ou soyons fous et allons jusqu’aux US, là, concerne l’essor du web en temps réel.
En octobre dernier, le web en temps réel – dont les représentants les plus médiatiques sont Twitter et Facebook, a bénéficié d’un gros coup de projecteur quand Microsoft a annoncé que Bing allait indexer les gazouillis de Twitter dans une URL spécifique. Peu de temps après, Google a emboîté le pas au géant de Redmond, intégrant les tweets sur les trendy topics du jour en tête des pages de résultats. Ce qui donne ceci (ils sont forts ces Américains, on aurait presque envie de pleurer en regardant la vidéo tellement la musique est mélodramatique) :
Mais que faire exactement de cette tendance, et quel est son impact sur les marques ? Essayons d’y voir un peu plus clair.
Le search en temps réel : qu’est-ce que ça change ?
Avant, c’est-à-dire encore maintenant en France, c’est l’algorithme du moteur de recherche qui décide des résultats qu’il affiche en réponse à ma requête. Le web en temps réel fait entrer les logiques 2.0 dans le search : le moteur de recherche va me montrer ce que mon réseau dit sur l’objet de ma requête. Ou en tout cas, ce que les Twitterers avec le plus de followers ont dit sur les mots clés les plus populaires. Dans un premier temps. Car Marissa Mayer de Google a déjà annoncé le lancement d’un nouveau projet, Social Search, qui permettra aux internautes d’effectuer des cherches au sein de leurs réseaux sociaux.
On connaissait déjà le crowdsourcing, qui avait fait coulé beaucoup d’encre au moment de la traduction de Facebook en Français 4ème langue avec option roumain. Bienvenue dans l’ère du friendsourcing où l’influence des réseaux sociaux et de ses propres réseaux devrait modifier la dynamique d’information – et donc sûrement d’achat – des internautes.
L’impact pour une marque : l’autruche est morte, vive le community management !
Pour une marque, cela veut dire que ce qu’elle dit et fait sur les médias sociaux va devenir une composante majeure de sa visibilité en ligne. Quand un internaute cherchera une info sur une marque (et rappelons que le search reste le 1er usage du web), il tombera en premier sur les derniers Tweets ou statuts Facebook émis par son réseau. Et sera donc d’autant plus enclin à suivre les avis donnés qu’il a confiance en son réseau, précisément parce que c’est le sien.
Autrement dit, une marque ne pourra plus ignorer les dynamiques du web social. Ni même l’utilité de rentrer en conversation avec ses nouveaux publics et de dialoguer avec ses consommateurs. Le community management devrait sans trop de surprise se développer pour professionnaliser ces prises de parole sur le web.
Mais comment faire ?
Le web en temps réel ne modifie pas les règles de participation sur le web : l’écoute des publics doit précéder l’action et l’action doit se faire en fonction des publics. En revanche, la question posée à l’entreprise évolue sensiblement. Bref, du Woody Allen 2.0, qui au lieu de dire “La réponse est non”, demanderait “La réponse est sur les médias sociaux, quelle est la question ?”
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bing, friendsourcing, google, médias sociaux, search, temps réel
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Merci Charlotte, hyper intéressant !
oui effectivement cela peut être un élément supplémentaire pour convaincre les marques de la puissance des réseaux sociaux (d’ailleurs concrètement, cela démultiplie de fait leur influence). Notamment à l’heure d’une crise. J’imagine le consommateur frenchy qui cherche la dernière pub Pepsi sur Google et tombe d’un coup sur un twilight review d’une controverse texane sur la composition d’un lot de cannettes par exemple. Ca veut dire pour les marques que 1/ il va effectivement falloir qu’elles arrêtent d’ignorer le phénomène 2/ elles mettent en place non seulement des stratégies adaptées mais aussi des process de réponse beaucoup plus flexibles et rapides (intégrer à la contrainte du temps réel) 3/ qu’elle lâchent définitivement le fantasme de l’over controle…
Et en tant qu’internaute ce qui me plaît bien là-dedans c’est pour toutes les infos “événements” et/ou de proximité. les exemples donnés dans le petit film (dont effectivement la musique est digne de la BO de E.T.) sont bien choisis : squaw ski conditions, loud music central park, etc. Et puis en même temps, quand on écoute Paul Virilio http://tinyurl.com/yew6mqc sur la tyrannie du temps réel et qu’on est un tant soit peu sensible à ses arguments, et ben on se dit que ce nouvel outil pourrait ne pas être une si bonne nouvelle que ça…
Autre exemple du phénomène : “loud music à Central Park” m’a fait penser à hier soir, au grand bruit dans Lille pour lequel la twittosphère s’est enflammé
. Effectivement, les marques devront définitivement adapter leur système de communication au temps réel, et abandonner l’idée de tout contrôler. D’où aussi le fait que des community managers, responsables de ces nouvelles formes de prises de parole, devraient se développer.
Merci pour l’article de Paul Virilio. J’ai lu un de ses essais, et il mettait en perspective la course à la vitesse de manière éclairante, en expliquant notamment que ça avait toujours été un avantage militaire décisif. On voit aujourd’hui que c’est encore un élément d’influence majeur. Cependant, l’échelle est complètement disproportionnée. Pour en revenir à hier soir, il y a pas mal de tweets sur le fait qu’il fallait attendre l’AFP toute la soirée pour savoir ce qui s’était passé à Lille. A mon sens, cela montre une confusion entre information et explication : si l’information peut être instantanée, l’analyse nécessite quand même toujours de prendre du recul (ou en tout cas, le devrait).
Very interesting indeed.
)
Mais ce que je lis (entre les lignes) et en moins spécialiste que les spécialistes, suivez mon regard…. c’est que l’hégémonie des marques (en termes d’influence, pas de ventes) risque de prendre un sacré coup dans l’aile…si ça n’est pas déjà fait.
Parce que ce seront les conversations en temps réel qui dicterons à la fois l’information, l’analyse et l’impact, à fortiori, sur l’image d’une marque.
On imagine le côté positif- Waouw !
On imagine le boulevard d’opportunité – Ouh Ouh !
On imagine encore le désir de tout savoir sur tout, assouvis à jamais
et là, on imagine le côté négatif … en cas de crise
ça fait peur !
La paranoïa des “marques” a de beaux jours devant elle. Nos amis de Mountain View ou leur coreligionnaire de Redmond devrait investir dans un réseau de “Shrink” spécialisé en communication on-line, e-reputation et stratégies digitales.
Fichtre, on vit une époque formidable Folks !