Archive pour le mot-clef ‘buzz’

Le don d’organes anime la toile

Jeudi 22 octobre 2009

Retour sur le buzz « Une minute pour en parler » avec Sophie Le Quellec, consultante pour l’Agence de la biomédecine et pilote de cette action.

C’est parti pour le décryptage de l’actu santé du mois sur la toile (hors grippe A, bien sûr)…


Claire Clisson : Quel est l’objectif de cette courte vidéo traitant du don d’organes ?
Sophie Le Quellec : Cette vidéo s’inscrit dans la mission d’information de l’Agence de la biomédecine (ABM), institution qui encadre le don d’organes en France et qui doit faire en sorte que la population connaisse les règles du jeu en la matière.
i&e accompagne l’ABM depuis 2004 dans ses actions de sensibilisation de la population à la démarche officielle du don d’organes. Cette démarche consiste à dire sa position sur le don à ses proches pour qu’ils en témoignent en cas de décès brutal. Il est important de rappeler que la communication aux proches prime sur l’utilisation d’une carte de donneur, qui n’a pas de valeur légale.
Le don d’organes c’est un sujet qui touche un tabou, celui de la mort. Un sujet généreux mais qui est difficile à aborder. La « minute » tranche avec les grandes campagnes de communication nationales que nous produisons tous les ans : c’est une action spécifiquement online qui cible surtout les publics qui ont généralement le moins de freins à envisager et à parler du don d’organes : les jeunes, les femmes et les CSP +. L’idée était de jouer sur des codes modernes, en étant didactiques mais aussi drôles et tendres, pour mobiliser des publics que le web peut, par ailleurs, facilement transformer en ambassadeurs du sujet, pour peu qu’on les équipe. D’où l’idée de ce petit film d’animation très simple, relativement « léger » par rapport au sujet mais qui explique tout en détails.
Ce film décline aussi un message que nous n’avions pas osé jusqu’ici. Il dit que parler du don d’organes finalement c’est assez simple, il faut juste prendre une minute. Ce message est ici possible parce que nous nous adressons à ces cibles « proches » du sujet. De la même manière, on peut plus facilement manier l’humour avec elles qu’avec la population générale.

CC : Pourquoi ce traité sous forme de dessin animé amusant ?
SLQ : Le choix de l’animation permet de raconter des situations graves tout en restant assez léger. Le personnage est représenté plusieurs fois en train de mourir mais comme c’est un personnage animé ça passe bien. Et puis il y a ce décalage de ton entre le texte qui dit des choses proches de la loi, la voix façon shadocks et l’image parfois franchement loufoque. Ca attire l’œil et l’oreille, ça donne envi de regarder jusqu’au bout et de faire tourner.
On a ainsi souhaité rentrer dans des codes qui marchent bien en buzz sur le web tout en étant respectueux de notre sujet.

CC : Pourquoi utiliser les médias sociaux comme relais de cette action ?
SLQ : Les médias sociaux sont des outils dont une large frange des publics à qui l’on souhaite s’adresser est adepte. On entre en interaction avec des réflexes d’information et de partage qui sont bien installés.
On s’est adressé aux blogueurs, twittereurs, groupes facebook qui sont en affinité avec notre sujet ou bien avec la façon dont il est traité (Ndr. l’utilisation de l’animation sur des sujets de santé est assez rare pour être soulignée !).
On leur a transmis l’information en fonction de leur « ligne éditoriale ». Certainement une des raisons pour laquelle notre vidéo se propage bien sur la toile…

CC : Une créa humoristique, un fort potentiel de reprise, voilà alors la recette miracle du buzz sur le net ?
SLQ : Le buzz ne se décrète pas. Certes la créa est très sympa, amusante et déclanche le sourire. Certes les lieux de reprise potentiels étaient relativement nombreux, avec un effet d’entraînement dû à toute une sphère de militants en faveur de la greffe qu’on avait déjà pas mal fédérée via facebook. Certes cette opération vient clore une année du don assez chargée en actions et en événements (le don de sang, d’organes et de moelle osseuse est grande cause nationale 2009).
Mais avant tout, on est dans le bon ton, un ton qui semble répondre à une attente. Ni dans la sensiblerie, ni dans l’ironie.
Cette action confirme le potentiel du web sur ce sujet et le fait que le don d’organes est un thème dont on n’a pas fini de faire le tour. C’est donc un essai transformé qui prouve qu’en dehors des grandes campagnes nationales, il ne faut pas hésiter à communiquer auprès de certaines cibles de façon plus spécifique et que le web est un très bon outil pour cela.

Pour en savoir plus…
Le site dédié à l’action « Une minute pour en parler »

Mais aussi…
Le groupe facebook « Le don, la greffe et moi »
Pour tout savoir sur le don, le prélèvement et la greffe d’organes en France, c’est ici.
Pour s’informer et agir en faveur de la greffe avec des témoignages de jeunes, c’est .
Pour mieux connaître l’Agence de la biomédecine, ses missions et ses actions, c’est ici.

Isabelle Moreau fait mouche dans le buzz français

Mardi 25 août 2009

Vous vous souvenez de Mathieu Vaidis ? C’était le premier à défrayer la chronique avec une forme de CV à l’époque avant-gardiste : le CV vidéo. C’était en 2007.

La forme, l’expression et le texte avaient tant surpris à l’époque (et généré tant de fous-rires nerveux) que le buzz avait bien pris. Si bien que, effet collatéral classique d’un bon buzz, la reprise parodique s’était déchaînée.

Seulement voilà, quand je dis “bon buzz”, je parle du point de vue de l’internaute lambda qui voit sa journée de boulot requinquée par une “bonne marrade” à faire suivre à son entourage. Du point de vue de Mathieu Vaidis c’était plutôt la catastrophe. Le bon buzz se transformant rien que pour lui en very bad buzz, d’autant que finalement, les meilleures parodies ont été largement plus vues que l’original. En voici un exemple :

Bref le Mathieu en question qui a plus d’un tour dans son sac (il l’avait bien dit dans son CV ;-) a d’abord accusé le coup (on s’en doute, moi je pense que j’aurais quitté le pays). Puis s’est ressaisi et a créé son blog qui disait ceci :

“Bonjour à tous et bienvenue sur mon site !

Vous le savez sans doute, il y a de cela quelques mois, je fus le malheureux initiateur d’un curriculum vitae vidéo qui produisit des milliers de pages vues. Aujourd’hui, vous êtes encore nombreux à me rendre visite par simple curiosité, ou bien dans l’espoir de trouver une continuité à ma vidéo. J’ai donc décidé de faire bénéficier de ce trafic à l’Unicef, avec votre concours. L’idée est simple : Je vous propose simplement de consacrer les quelques minutes qui vous auraient été nécessaires au visionnage de ma vidéo ou de l’une de ses parodies, à la visite de l’un des sites de l’Unicef.”

Haha… ça c’est de la souplesse. je n’ai pas réussi à obtenir d’info sur le trafic généré sur le site de l’Unicef via vaidis.com, mais quoi qu’il en soit, on peut dire que c’est un coup de maître. Ainsi ont été bien calmés les moqueurs de tout poil plongés soudainement dans la pire des culpabilité. “Oui c’est vrai faut pas se moquer des gens et puis lui au moins il pense à l’Unicef, et moi au fond qu’est ce que je fais pour les autres toute la journée à part rire méchamment de mon prochain ? etc”

Bref tout ça pour en arriver à l’objet de mon titre, et ceux qui ont déjà vu le CV vidéo d’Isabelle Moreau auront probablement fait le lien. A mon humble avis nous tenons en effet ici la version féminine du Mathieu Vaidis.

Certes Mathieu démarrait alors sa carrière, Isabelle est lancée depuis 20 ans (c’est un de ses messages clef je crois). Mathieu était plutôt “La Défense” et Isabelle préfère la France des régions (mobile sur 10 départements tout de même). Mais sur le fond, l’âme de leur candidature, on reconnaît une patte non ? Amateurisme assumé, jusqu’au boutisme naïf, fanatisme professionnel…place prépondérante de la musique…

Assisterait-on ici à la naissance d’un véritable genre ? Et oui je me pose la question sans malice (ou presque pas alors) car alors qu’avec son initiative ce cher Mathieu avait vu la foudre s’abattre sur sa tête et tout le déluge de railleries qui va avec, on peut dire qu’Isabelle s’en sort très bien. On voit même fleurir des commentaires très cordiaux à son égard sur You Tube, une forme d’encouragement solidaire. En outre, si on peut voir que la vidéo a pas mal tourné (plus de 13 600 vues) et savoir au fond que ce n’est probablement pas parce que la candidature intéresse autant de personnes, on notera qu’à ce jour, point de parodie.

Alors comment peut-on comprendre ça ? est-ce le signe d’une époque où la recherche d’emploi devient un mal tellement aigu que le sarcasme ne passe plus ? Est-ce qu’une femme de 45 ans “qui en veut” est moins antipathique qu’un jeune “winner” de 30 ans ? La reprise du tube de soeur sourire jouerait-elle en subliminal pour nous imposer le respect et la compassion ?…

Va savoir. quoi qu’il en soit il paraît qu’Isabelle est ravie de son buzz. Prochaine étape recommandée : une page de fan sur Facebook et surtout ET SURTOUT : un profil Linkedin, juste histoire de confirmer que tout cela, ce n’est pas juste pour rire… Bonne chance à Isa ;-)

Michel et Augustin dansent le Moonwalk au supermarché du coin

Vendredi 10 juillet 2009

Sur le terrain de la parodie, Michel & Augustin, auto-proclamés les trublions du goût, n’en sont pas à leur coup d’essai.

logoAprès s’être joué de Nespresso et George Clooney – ici – avec le concours de la délicieuse Julie Andrieu, nos deux (très) jeunes entrepreneurs remettent le couvert quelques jours après la nouvelle dont tout le monde se souviendra en 2009.

C’est donc avec légèreté, une fois n’est pas coutume si l’on considère les effusions émotionnelles en tout genre qui ont suivi le décès du roi de la pop (et c’est une fan qui le dit), que Michel et Augustin rendent hommage, à leur façon, à l’artiste. L’idée : une vache (à boire) danse le Moonwalk dans l’un des supermarchés les plus chics de la région parisienne. C’est drôle, punchy et ça risque de pas mal buzzer !

A voir aussi, la couv de Management revisitée…

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Chocking buzz

Jeudi 28 mai 2009

Avez-vous entendu parler de la campagne récente du National Health Service de Leceister (UK) visant à dissuader les adolescentes de devenir mamans (on dit aussi « filles mères ») ?

Il est vrai que le nombre de grossesses adolescentes en Europe ne cesse d’augmenter depuis 2001 et que l’Angleterre, en tête de peloton (1 bébé sur 10 a une maman ado) a apparemment de bonnes raisons de s’en inquiéter et de vouloir faire bouger les choses.

Ce qui interpelle tout particulièrement ici concerne les moyens mis en œuvre, à savoir, le choix du discours et de son expression.
Il s’agit d’un film de 40 secondes fait pour le web. Tourné à la manière d’un film amateur pris depuis un téléphone portable, c’est cru, saccadé, essoufflé et capitalise clairement sur l’effet « électrochoc ». Scénarisé a la manière des bagarres filmées des cours de récré, l’événement dont nous sommes témoin (bien malgré nous) s’avère être quelque chose d’encore bien pire. La violence et l’impudeur de ce spot m’a laissée perplexe et à ce stade, tout ce que cela m’inspire est une volée de questions ; et peut-être si je creuse, un soupçon d’indignation…

Est ce que pour faire buzzer tous les coups sont permis ?

Est ce que terroriser les adolescentes va leur permettre réfléchir avec maturité ?

Est ce que la seule recherche de l’efficacité ne présente aucun risque à plus long terme ?

Au-delà de l’image de la grossesse adolescente, ce film ne dénigre-t-il pas plus globalement le monde des adolescents ?

Est-ce que faire peur avec la vie n’est pas un non sens total ?

Et finalement, est ce que le scandale n’est pas une parade facile lorsqu’on manque d’inspiration ?

Ou est ce que je suis en train de devenir complètement réac ?…