J’aurais bien aimé que ce jeu de mots vienne de moi, mais rendons au geek ce qui appartient à César, c’est le titre d’un article de Slate qui a attiré mon attention sur une tendance de fond : le geek est à la mode. Oui madame, le geek (à prononcer <guique>), celui aux lunettes improbables, le moche qu’on ne regardait pas en classe, le “heureusement qu’il est intelligent le pauv’ garçon”, celui-là même est devenu hype !
Mais attention, le geek n’est pas un no-life, qui, comme son nom l’indique, n’a pas de vie. Le geek est un mélange subtile de maladresse sociale et d’intelligence technique. D’accord, mais qui me direz-vous ? Mais ils sont partout ! De la geekette autiste (oui parce que le geek a son féminin) Lisbeth Salander, l’héroïne géniale du Millénium de Stieg Larson, à la bonne-copine-un-peu-faire-valoir type Ugly Betty. Et IRL comme ils disent (in real life) ? Et bien, par exemple, Camélia-Jordana de la Nouvelle Star est une geekette icônique – pardonnez la référence culturelle.

Camelia-Jordana, de la Nouvelle Star
Admirez les lunettes, que vous n’auriez pas portées au collège même si on vous avait payé. Côté masculin : Cyprien d’Elie Semoun, celui qui aime les blondes à forte poitrines, né dans un petite annonce et dont il a fait un film, salué comme le Gérard 2009 du plus mauvais film. Le geek, c’est bien, mais ce n’est pas tout et surfer sur la vague n’empêche visiblement pas de prendre la tasse.
Autre réussite télévisuelle révélatrice de cette mode du geek : l’émission américaine Beauty and the Geek dont le sous-titre nous promet “l’expérience sociale ultime”, rien que ça. Le concept : des “beautés” à cerveau limité font équipes avec des “cerveaux”, l’objectif étant que les geeks apprennent à se décoincer pendant que mesdames troquent leur lisseur-friseur-brushingueur contre quelques neurones. Avec des histoires d’amour en prime, des rivalités, des jalousies…bref, du piquant, du trépidant, du pédagogique.
Au vu des épreuves intellectuellement harassantes auxquelles sont confrontées ces dames (Citez-moi un état des Etats-Unis dont le nom commence par “m”, ou encore épelez-moi le mot “calendar” et je vous assure que les 2 se sont trompées), regarder cette émission nous donne l’impression d’être favori(e) au prochain Nobel de physique. Mais là où le bât du geek blesse, c’est qu’à côté d’un major du MIT ou de toute autre figure intellectuelle, on trouve le VP de l’association des fans de “Shérif Fais-moi Peur”. Et quand je vous dis ça, je ne sais pas ce qui me fait le plus peur : que ce gars là soit considéré comme un geek, ou bien que je me souvienne de lui. Pour le plaisir, une compilation des meilleurs moments de la saison 5 et disponible ici.

