Archive pour le mot-clef ‘Internet’

Toi, moi et tous les autres

Mardi 9 juin 2009

Hier, la petite soeur d’une de mes amies a vécu une rupture via Internet. Comme ça, sans prévenir, en un clic, toute une histoire fichue par terre, sans même se retourner sur le clavier. Ca m’a fait l’effet d’être vieille. Je suis pourtant toujours dans ma vingtaine (et la petite soeur en question aussi). Mais quand même. Je vous raconte. La jeune fille se connecte sur Facebook et là elle voit que son copain “is no longer listed as in a relationship”. A la décharge du copain en question, ce highlight lapidaire était accompagné d’un message tout aussi restrictif. En substance : “Je te quitte”. Ca a le mérite d’être clair mais il n’empêche, je trouve ça plutôt sordide, cette mise au point publique.

statut

Quand je pense qu’il y a quelques années, quand j’étais encore au lycée (mon dieu, ça fait plus de dix ans), on piaillait dans la cour – entre deux leçons de philo censées nous ouvrir aux choses de la vie -, sur les sales types qui nous quittaient par SMS. Mais c’était un peu une période bénie, en fait. Au moins, la personne délaissée le savait avant les autres.

Enfin, vivre avec son temps, c’est peut-être ça.

chansons2Il en reste que cela pose un certain nombre de questions : les chansons d’amour, celles que l’on a toutes aimées (désolée pour tous les garçons que j’exclus et qui s’y reconnaîtront peut-être pourtant mais j’ai une furieuse envie d’être un peu sectaire, solidarité féminino-copine oblige) parleront-elles maintenant de ruptures numériques ? Si Serge Gainsbourg composait aujourd’hui “Je suis venu te dire que je m’en vais”, écrirait-il “Va voir sur Facebook ce qu’il en est. Je suis au regret de taper que je m’en vais” ? Les films de Christophe Honoré raconteront-ils des histoires de gens qui se quittent par ordinateurs interposés ?

Je ne le pense pas, rassurez-vous. Comme quoi, Internet ne peut pas toujours remplacer la “vraie” vie. Enfin, sur ce coup-là, j’espère.

Au secours, ma mère écrit en langage SMS

Mercredi 3 juin 2009

Quand j’ai appris à ma mère à taper son premier SMS il y a environ deux ans, je n’avais absolument aucune idée des conséquences radicales qu’allait impliquer ce simple geste. Les jours passant, j’ai pu constater une dextérité grandissante au niveau des 5 doigts de la main droite de ma chère maman, courant inexorablement sur le clavier de son mythique Nokia 32 10. Un nombre de SMS absolument démesuré allait bientôt venir s’échouer sur mon propre téléphone.

Étant manifestement une personne qui a besoin d’apprendre par deux fois de ses propres erreurs, j’ai commis l’imprudence, il y  quelques mois, de récidiver en lui créant un compte mail Yahoo. Quelle inconséquence ! Aujourd’hui, les SMS sont dépassés, à la trappe, mais les mails… Oh mon Dieu ! Maman, excuse-moi si tu me lis, mais pourquoi donc m’écris-tu tout ce qui te passe par la tête au moment où cela se passe précisément ?

Extraits choisis et progressifs dans le laisser-aller textuel :

Ma mère (laconique) : “Il fait très beau à Valence”
Moi : “Ah”

Ma mère : “Aujourd’hui, MJO et moi avons fait un tour etc…”
Moi : “C’est super ! Mais qui est MJO, j’ai un doute ? Aaaaah, je l’ai ! MJO = ta copine Marie-Jo !

Ma mère : “Bjour petite chérie. Cmt vas-tu aujourd’hui ? Tjs autt de travail ?”
Moi : “MAIS QU’EST QUE C’EST QUE CE BINS ?”

Etc etc…

Il faut dire à ma décharge que je n’aurais jamais pu imaginer une telle escalade, mes parents étant les heureux propriétaires d’une antique machine ressemblant à celle de la photo ci-dessous, vendue à 15 € dans un vide-grenier de la région parisienne.

Photo d'illustrationVisuel : © Olivier Toggwiler

Mais Super Maman n’avait pas dit son dernier mot et c’est ainsi qu’il y a un huit jours environ, je réceptionnais en partance de son mail un hoax bien connu de nous tous. Vous savez, celui sur les canettes de Coca qu’il faut nettoyer avant de boire car sinon, vous attrapez la liptospirose et vous mourez. C’en était définitivement trop pour moi. Je n’ai pas pu m’en empêcher. J’ai été obligée de répondre le message suivant :

“Maman. Ceci est un hoax. Une légende urbaine qui circule sur Internet depuis des siècles et qui est complètement dénuée de fondement.”

Quelle culpabilité immense j’ai ressenti quand j’ai reçu un nouveau mail quelques minutes plus tard : “Excuse-moi chérie, je ne savais pas”.

HONTE SUR MOI, JE SAIS.

Bon de toute façon, je crois que ma famille entretient définitivement un rapport très particulier avec Internet. Il y a deux mois, ma grand-mère Jacqueline, 88 ans, s’achetait un ordinateur portable et prenait des cours collectifs d’Internet. Une semaine après, elle m’envoyait une invitation MSN Messenger. Là, je me suis sentie franchement dépassée par les événements quand même. J’attends maintenant avec appréhension la création de son profil Facebook.

Mais à la réflexion, cela ne tient peut-être pas qu’à ma propre famille. Ce cher François me racontait une anecdote tout à fait croustillante il y a peu à ce propos. François, je t’invite à réagir ici-même, ne nous fais pas languir !

Ah la la, Internet et les parents (et les grands-parents !), quelle aventure !