Quand Louis Vuitton investit Foursquare outre-manche c’est toute la twittosphère française qui se pâme. Effet papillon. Plus sérieusement à quoi sert FourSquare ? Disons-le clairement : l’application pour mobile est d’ores et déjà d’utilité publique.
Dans la com, FourSquare est le nouvel outil de reconnaissance pour stagiaire ou apprenti. Foursquare a intégré la panoplie du Junior in, le-seul-le-vrai, celui qui travaille activement à son avenir. L’espace d’un instant, il suscite l’admiration, la peur, l’incompréhension, l’engouement des collègues (un peu ou beaucoup) plus vieux pour qui le « web 2.0 », expression paléolithique, avait déjà fait l’objet d’un douloureux apprentissage (« tu sais, sur Internet tu perds le contrôle de ton message »). Durant ces minutes, il est extra-ordinaire…
Avec Foursquare, il suffit de quelques clics bien sentis, quelques bons “check-in” pour devenir quelqu’un : être le mayor ! Sachez reconnaître la DIF (Dilatation Intérieure de la Fierté) du stagiaire/junior/esclave qui vient enfin de conquérir une nouvelle citadelle à la force de son poignet. Il faut avoir vu la rage, cette bave qui lui monte aux lèvres quand on lui apprend sa destitution par son homologue geek du quatrième étage. Celui qui n’est rien dans l’organigramme des agences par temps de crise en devient un représentant à part entière – et le plus tendance. Foursquare, nouveau tremplin pour Rastignac ? N’exagérons pas. Seulement l’impression de faire partie de quelque chose, d’appartenir à une communauté d’élus. Foursquare est au marketing mobile ce que le Parti était à la Révolution. Tutoyer les plus grands experts du géomarketing et du buzz pour adolescents… Quelle récompense !
Revers de la médaille ? Foursquare a tout de la néopointeuse. Le check-in compulsif, nécessaire habitude monomaniaque de celui qui veut rester le Federer Söderling de la géolocalisation, a sa contrepartie : être flicable à tout moment… DRH, manager apprenez vous aussi à utiliser ce magnifique outil d’optimisation du temps de travail de votre main d’œuvre. Répétons-le, Foursquare est déjà d’utilité publique.
