C’est un fait, chaque saison, vous pouvez en être sûrs, les tendances les plus en vogue n’ont aucune chance de se trouver du côté de mon dressing. Non que je ne sois pas folle d’excitation devant tous ces objets de désirs. Seulement voilà, mettez-moi une paire de Wayfarer sur le bout du nez et je suis instantanément ridicule. Mieux, quand combishort et combi-sarouel – et là, je vais loin-, me font de l’oeil ici ou là, (divinement porté au passage), je prends mon courage à deux mains, opère une tentative d’essayage et c’est la catastrophe assurée. Au bout de 26 années et quelques minuscules petites poussières, j’en ai pris mon parti et j’assume, je compose avec.
Entre Rayban et Persol, j’ai donc fait mon choix (ou plutôt la mode a fait son choix pour moi) : ce sera Persol. Marque jouant à fond la carte du parisianisme, la machine The Kooples ne m’aura pas ; je lui préfère la délicatesse des looks intemporels d’A.P.C (tout aussi parisiens au demeurant mais je reparlerai de ces deux marques ultérieurement). Quoi qu’il en soit, vous l’aurez compris, le tregging m’est définitivement interdit. Et je vous prie de me croire, c’est mieux pour tout le monde… Force est de constater que nous ne sommes pas égaux devant la mode. Mais le point positif (si, il y en a un !), c’est que ces coups du sort modeux m’ont, je crois, obligée à créer mon propre style.
C’est ce que je trouve fascinant dans la mode : notre propre capacité à assembler au mieux les chiffons que l’on préfère à ceux qui nous vont le mieux. Cela doit être ça, la lucidité. Quand je regarde les jeunes femmes shootées par Sophie par exemple, je m’aperçois qu’on est sûrement toutes un peu pareilles, nous les filles. Chacune a imaginé son propre look, avec les années et l’expérience. Chacune a sa propre allure.
Il y a quelques jours, je faisais le tour de mes blogs de mode préférés et je me disais qu’avec Internet, la mode a encore vécu un tournant dans son histoire. Après la Haute Couture, ses codes sociaux, sa distinction, le prêt-à-porter industriel de masse dès les années 60 et enfin la mode renouvelée et mondialisée de la fin du 20ème, on ne peut plus aujourd’hui, je crois, parler de la mode, mais bien des modes, ou à tout le moins, d’une mode plurielle. Les tendances, on les trouve maintenant dans la rue, puis sur Internet….
Tous les style hunters de talent qui officient sur la Toile exposent chaque jour des dizaines, peut-être même des centaines de jeunes modèles improvisées, au look unique et presque auto-composé sur mesure. Les photographes en question deviennent eux-même sources d’inspiration pour les médias de référence. C’est le cas du couple surdoué, Scott et Garance ; le premier ayant sa propre rubrique sur le site style.com, la seconde étant présente sur vogue.com. Quant à la pétillante Sophie, son blog Nast Magazine est salué par elle.fr… Rien que ça !
Ce qui est fabuleux, je trouve, c’est le jeu du “Tout est permis” et la fraîcheur qui se dégage de ces plateformes. Ces jeunes filles qui posent devant l’objectif sont pour moi les nouvelles icônes de l’ère numérique. Ce sont elles qui donnent à rêver à la génération Internet.
Il est tout à fait possible que je me berce de douces illusions mais j’espère quand même que comme elles, j’ai su (un peu) apprivoiser la mode, me l’approprier.
Visuels : © http://www.nast-magazine.fr

